Premier jour 22.04.2002
Départ de Sion vers les 11h00 pour Crecy sur Tille (environ 20 km de Dijon), la fondation Aurore est propriétaire du château, 15 hectares de forêts en mal d'entretiens, une rivière et surtout les délicieux spaghetti aux citrons de la patronne.
Evénements particuliers, oublier les hauts-parleurs à Jean-Claude,
Monique nous les apportent gracieusement à Vallorbe, mais nous ne sommes pas au
bout de nos peines, Pic-nique dans la zone protégée du Haut - Doubs, gâteau
au fromage, sandwich, fruits et chocolats, puis en route pour Crecy on se rend
compte que les sous pour payer l'avitaillement en Martinique manquent également,
solution peut-être à Crecy, arrivée au château nous nous installons puis réorganisons
le bus avec tous les bagages regroupés, prêt pour le départ matinal du
lendemain.
Repas du soir blanquette à l'ancienne, purée, légumes, thé, tarte a
la rhubarbe, la maîtresse de maison est une bonne cuisinière.
On s'installent pour la nuit avec un voisin qui ne se laisse pas oublier
(en fait un bouc en pleine forme). Le départ pour Orly est programmé pour 5h30 le 23.
Mardi 23 avril, après un petit déjeuné à la sauvette, départ 5h30 arrivée à Orly 9h10, après quelques
bouchons sur la Francilienne.
Enregistrement des bagages, j'essaie de retirer 150 € sans succès, transfert dans la zone d'embarquement vers 10h30, puis pique-nique tiré du sac assis sur les bagages.
Sifflement
des réacteurs, 10000 mètre d'altitude, 960 kmh, -50 degré, le film d'Harry
Potter, le seigneur des anneaux est au programme, aucun incident sinon
qu'un voisin part dans les pommes.
Arrivée Fort de France, 15h00, douane puis déplacement en taxi, scène locale pour le taxi, jusqu'au Marin, il fait chaud (32) et humide (95%), nous trouvons Anthea sur la panne du carburant, l'avitaillent est récupéré, inventorié et chargé sur le bateau.
Patrick veille sur ce travail et fait un plan précis de la localisation des achats, les bagages sont chargé là ou il y a encore de la place.
Visite du bateau, question, réponses, instruction sur le fonctionnement du bateau, la sécurité à bord, formation des équipes de quart, distribution des responsabilités et des tâches cuisines etc..., horaires d'une journée typique.
Achats de dernière minute produits frais etc..., un seul
incident je reçois par accident la porte du coffre tribord arrière sur mes 3
doigts ce qui m'envoie à l'hôpital, 43 € heureusement rien de cassé.
Après vérification de la tension des haubans et de l'étai largable de la trinquette, Josiane, qui est contente de quitter ce lieu qui nous rend "molassons" à partir de 6 semaines, nous dit au revoir avec un petit air pas très rassurant.
Le 24 finalement nous quittons Le Marin vers 17h30 pour le mouillage de St Anne ou nous passons la nuit le matin debout 6h00, déjeuner, puis 7h00 départ pour Halifax.
L'emploi du temps est très concentré, instruction de base sur la marche d'un bateau à voile, les étai, pataras, hauban, drisses, écoutes, haussières etc..., puis tous le monde passe à la barre, aux virements etc....
Vers midi après passage du Diamant, nous avons la chance de voire une baleine devant Fort de France, nouveau cap 335 direction le passage entre les îles jusqu'à Porto-Rico, dans 2 ou 3 jours.
Denise, Alice malade, problème de moteur, alimentation électrique, batterie devant Roseau (La Dominique) ont dérivent et cherche le problème, heureusement que nous sommes à une bonne distance et que la légère brise nous pousse au large, pour finir nous branchons la batterie de réserve sur le moteur et tous repart, après 2 heures de moteur j'estime que les batteries sont bonnes selon les instruments, le moteur est coupé et après deux heures plus de lumière à bord, cela m'inquiète vraiment, re-démarrage du moteur et route sur la baie des Saintes pour régler ce problème.
On se baigne puis téléphone avec JCM, en fait le bouton qui répartit la charge des batteries, moteur, service est mal positionné, ceci étant résolu en modifiant la séquence d'utilisation des batteries, petit déjeuné puis re-départ, avec peu de vent, premier grain à la pointe sud de Basse-Terre.
Dès le passage de Basse-Terre superbe alizé de 60-70 degré, 12 à 20 nds, nous pêchons un superbe thon que nous mangeons pour le souper nous le cuisons à la Grenobloise (citron, câpres) frais et délicieux,, puis passage durant la nuit devant Montserrat ou le volcan est en éruption des immenses blocs sont projetés par le cratère, le magma coule le long du cône jusqu'à la mer, ça sent la cendre chaude, humide.
Le bateau avance, tribord amure, 7 à 12 nds, tous l'équipage se comporte admirablement à la barre, par équipe de deux un à la barre et l'autre à la navigation tous baigne, trempé jusqu'aux os (eau 25, air 30 dg).
Viens ensuite St Martin et St
Bart à tribord, puis passage entre Sombrero et les Iles Vierges US, l'océan
est maintenant libre jusqu'a Halifax, à bord la vie s'organise, la première
fournée de pain est cuite par Nicoletta,
Nous quittons la zone des Iles sous le vent par l'Anageda Passage entre
Puerto-Rico et Sombrero, vent 15 à 20, vitesse 7 à 9, tout va bien, nous
allons rejoindre les courants du Gulf-Stream dans 2 jours et ensuite continuer
notre route comme prévu en suivant le flot du Gulf.
Lundi 29 avril, modification de programme à la suite d'une banale opération d'introduction du code d'accès au téléphone satellite, le code est introduit faux 3 fois consécutivement la carte SIM est bloquée, en plus le vent est tombé à zéro.
Comme nous avons promis d'informer quotidiennement le foyer de la marche du bateau, nous sommes contraint pour ne pas inquiéter le foyer de nous détourner par les Bermudes pour rétablir la situation.
Le moteur est allumé, le cap modifié et nous voilà en route, un, deux puis 3 jours, pas de vent, je commence à m'inquiéter pour la réserve de diesel qui baisse à vue d'œil à chaque changement de quart et après calcul précis je constate qu'en absence de vent il nous manquera 150m (150/5 = 30 heures x 4 = 120 litres de fuel) pour arrivé au Bermudes.
Dans la matinée du troisième jour un cargo, "Searadiance" port d'attache Hong-Kong, vint à passer je le contacte par radio pour lui demander la météo il nous informe puis me demande si nous avons besoin d'autres choses, je saute sur l'occasion et sans d'espoir je lui demande de nous vendre 200 litres de fuel, que nous sommes un peu court à cause du détour que nous avons du prendre.
Il m'offre spontanément de nous vendre 120 litres, la manœuvre est ensuite entamée pour transvaser du cargo vers notre bateau les 120 litres de fuel.
L'annexe est gonflé puis mis à l'eau, le moteur ne démarre pas, mais Julien qui connais bien les moteurs de tondeuse à gazon enlève le capot du hors-bord et avec un fil de fer tire le choke pour permettre au moteur de démarrer, nous organisons un va et vient du cargo vers notre bateau.
Le cargo Chinois (150 m) fait deux 360 pour ralentir et surtout changer
l'alimentation de son moteur de fuel lourd à fuel léger, on observe la manœuvre
nous sommes parés, il se range ensuite 200 m. à tribord vitesse 4 nds, la
navette peut commencer, cet exercice dure 2 heures avec des bidons de 20 litre,
le hors-bord qui fait des siennes. Echanges de bons procédés adresses,
promesses, enveloppes chocolats etc.., séquence émotion Un
cargo de (150m), manœuvre en pleine mer pour nous ravitailler avec 120 litres de
fuel, fabuleux.
3 mai 2002.
Ce matin belle mer force 3, vent 3/4 arrière le spi est lancé, demain
matin samedi nous seront au Bermudes, le prochain problème il n'y a pas de
carte pour l'archipel, il faudra donc être très prudent et entrer par le sud
est, car l'île est entourée de récifs coralliens, il y a un passage à l'est
de l'île, nous avons le vent dans le nez, il pleut, et pressant une certaine
anxiété, dans les instructions nautiques il est indiqué d'éviter une
arrivée de nuit et surtout par mauvais temps, Après de multiples bords
de contacts radio avec Hamilton des allées et venues entres les chenaux et
passes, nous nous trouvons enfin l'entrée de la baie St Georges ou nous jetons
l'ancre vers 23h00, repas soupe (pour changer) et dodo 23h45.
5.5.2002, formalités de douane, essai de déblocage de la carte Sim
etc... sans succès. Nous traînons finalement 3 jours dans ce coin bourré de
retraités américains et de boutique kitsch, la seule chose positive nous
achetons de délicieux fruits plus du fuel et de l'eau (imbuvable) que nous
payons aussi cher que le fuel, nous
quittons St Georges pour Halifax le 7 mai dans l'après-midi les vents sont défavorables
mais nous sommes mieux au large que dans ce lieu pourri.
Après le passage des Bahamas le temps rafraîchi quelque peu, nous
avons 450 miles au compteur il nous reste 1400, nous projetons d'arriver vers le
12 mai à Halifax.
Après avoir difficilement quitter Les Bermudes et ses dangers, nous touchons le Gulf Stream et vent arrière nous surfons sur les rouleaux qui nous arrivent par derrière, nous subissons notre premier coup de tabac qui dure 2 jours, nous arrivons ensuite dans le courant froid, et contraire, du Labrador, jours difficiles avant de finalement relever le phare qui marque l'entrée de la baie d'Halifax.
Nous remontons de manière académique les chenaux et les balisages, la formation continue quoi, puis se présente à nous vers 5h00 du matin le 13 mai le ponton recherché, nous sommes donc amarrés devant le musée de la marine, Pierre-Yves n'est pas au rendez-vous, nous contactons le foyer qui nous informe qu'il n'est pas encore parti. Il fait froid un matin nous avons de la neige sur le capot.
Ce mardi 14 nous avons subi, très bien amarré au ponton, un sérieux coup de tabac (+ de 40 nds), au passage d'un gros bateau dans la baie, la vague crée ajoutée au vent ont poussé Anthea vers un piquet du ponton, il y a une tomate au milieu de la coque.
La vie continue, les tâches sont multiples achat de compensation de matériels
perdus, réparation du génois, service du moteur, achats pour la prochaine étape,
visite du musée, du cimetière du Titanic, rétablissement du bateau et de nos
équipements personnels, petite réparations etc...
14 mai, nous apprenons que Pierre Yves arrive le 15 à 20h02 par avion,
le génois sera prêt le 15 et récupéré le 16 au matin avec les achats, le
service du moteur sera effectué par un concessionnaire Volvo le 17 à 13H30.
Les achats de matériels et petites réparations effectuées le 17 en fin de matinée, le départ est prévu pour l'après-midi du 17, si la météo est favorable.
Le
bateau étant prêt le repas du départ, Denise nous quitte, est partagé, le départ s'effectue dans
une allégresse communicative avec tous les éléments, nous sur le pont, Denise
sur le ponton, le vent, les vagues,
instant d'émotion.
Aussitôt dehors de la zone portuaire, nous hissons les voiles et fixons
un cap de 140 en direction de 41 00 N, 51 00 W, positions au sud des icebergs,
La première et deuxième nuit nous
apportent deux coup de tabac, dans
le bon sens, avec 3 ris et tourmentin nous avançons tout de même entre 8 et 11
nœuds il fait froid..
19 05 2002 nous sommes dans le courant du Gulf Stream l'eau à 25dg, étant donné le détour que nous avons du effectuer, le moral de l'équipage (froid et humidité) et le délai qui nous reste, les icebergs nous ont rallongé la route vers l'Islande de plus de 500 M, nous décidons donc de faire route sur les Açores.
Nous projetons d'arriver vers le 29 mai 2002 à Ponta Delgada sur l'île
de St Miguel, en route pour les Açores
nous touchons pour 2 jours des vents de plus de 35 ns, la température
est agréable et le morale est au rendez-vous, mercredi 22 nous croisons un
cargo qui nous donne la météo et nous souhaite bons vents, il se dirige sur
Farsund en Norvège, le vent à viré au nord nous modifions le plan de voile et
nous nous préparons pour une nouvelle nuit,
grande voile 2 ris + trinquette, vitesse 6.5 nds, il fait plus frais qu' hier,
nous sommes à 980 M de St Miguel ou nous déposerons Pierre-Yves et prenons
Emmanuelle.
23 et 24 rien à signaler, vent secteur nord est, 10 à 15, beau temps,
à 11h00 il nous reste 800 M avant St Miguel.
25 et 26 idem, ambiance à bord bonne à très bonne,
le 25 au soir, soirée du capitaine, buffet froid avec les moyens du
bord, roastbeef, thon, fromage, tarte aux poireaux, salades de pdt, carottes,
choux, oeufs mayonnaise. Il nous reste ce matin 530 M avant l'île de San Miguel (Ponta
Delgada), à 120 M par jour nous serons au ponton jeudi prochain dans la
journée. Nous sommes un peux limite avec les allumettes, 3 pièces par jour
jusqu'à Pedro Delgada.
27 et 28 journées en mer soleil, repos, philosophie, etc... demain nous
serons à Sao Miguel Ponta Delgada vers 10h00 du matin. Le programme sera
copieux, procédure administratives, réception d'Emmanuelle, départ de
Pierre-Yves, achats pour dernière étape, réparation du génois, vérification
de la grande voile, du moteur, des fonds, des filtres et autres crépines,
vidanger l'eau, remplir les tanks, fuel et eau, échanger la bouteille de gaz, réparer
la pompe du circuit d'eau, la pompe manuelle.
30.05.2002 arrivée à Ponta Delgada vers les 9h00 du matin, journée
classique visite des abords de la marina, douches, repos etc... suite du
mondial de foot la France perd contre le Danemark.
Demain menu pour 15 jours, achats, réparations, puis nuit à la marina
et départ samedi après-midi pour le mouillage de Capelas en contournant l'île
par l'ouest, dimanche visite des
sept lacs puis, retour au bateau et départ pour la suite de la croisière.
Pour le moment tous va bien à bord, mais avec la nouvelle organisation
de la cuisine, les repas seront peut être décalé, et bien non la
participation à la préparation est plus active que jamais
Nous quittons le mouillage de Capelas le mardi 3 juin 2002, après une
soupe de poisson discutable et nous prenons immédiatement le cap sur Ouessant
notre prochaine escale, si la mer est favorable.
Après plusieurs épisodes cocasses et plusieurs jours de navigation
nous nous retrouvons le 11 juin amarré au port du Stiff au nord d'Ouessant avec
la marée montante du matin, repos, visite des abords, Lampaul, retour au
bateau, repas du soir, puis dodo, nous décidons de rester un jour en plus à
Ouessant, les gens sont sympa.
Les Hauts de Bréhat, Roche - Douvres, le Grand Légeon puis l'entrée du Petit Russel, les formalités administratives sont réglées à St Pierre (Guernesey), j'achète une nouvelle veste, puis aussitôt que le brouillard se lève nous quittons St Pierre dans la matinée du 14 pour le mouillage de Dixon Bay.
Anthea est donc mouillé devant Sark, avec l'annexe nous rejoignons la plage puis visite pédestre de l'île jusqu'à la renverse de la marée, retour au bateau vers 17h30 et départ avec la basse mer de St Malo + 1, pour Cherbourg.
Le Raz Blanchard est avalé à vitesse fond 12 nds, et après avoir quelques problèmes pour trouver l'entrée sud de la grande baie de Cherbourg nous nous appontons à la panne F vers 1h00 du matin samedi 15 juin, après 5400 miles de navigation, mission terminée.
Dans la journée de samedi
nettoyage, bagages, inventaire, douches, repas
du soir au bateau avec le chauffeur, nous dormons à bord pour la dernière
fois, le lendemain dimanche départ pour Crecy, puis lundi soir retour au foyer
ou nous sommes accueillis très chaleureusement, nouvel instant d'émotion.
Roduit Pascal